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Principales maladies Porcs
Tableau des coûts
Principales maladies Porcs

Les agents infectieux responsables de troubles digestifs.

La pathologie digestive est aujourd’hui une des principales préoccupations en élevage. Cependant, il n’est pas toujours facile d’en déterminer les causes. En effet, la multitude de germes pouvant induire des troubles digestifs complique le diagnostic. L’objectif de cet article est de lister et de décrire les conséquences des germes les plus régulièrement rencontrés.
Les porcs ne sont pas sensibles à tous les germes au même moment. Ainsi, alors qu’ils sont très sensibles aux colibacilles en maternité et en post sevrage, il est très rare de voir des porcelets atteints de colibacillose en engraissement. Le tableau et le graphe ci dessous vous montre la répartition des germes responsables de diarrhées selon l’âge de l’animal.

 Germes

Maternité

Post sevrage

Engraissement

E. Coli attachant et effaçant

+

+

-

E. Coli entérotoxinogène

+

+

+/-

Isospora suis (coccidies)

+

+/-

-

Clostridium perfringens type A

+

+

+/-

Clostridium perfringens type C

+

-

-

Brachyspira hyodysenteriae

+/-

+/-

+

Brachyspira pilisicoli

+/-

+/-

+

Brachyspira innocens

 

+/-

+

Cryptosporiose

-

+

-

Lawsonia intracellularis

-

+

+

Salmonella typhimurim et choleraesuis

+

+

+

Coronavirus

+

+

+

Rotavirus

+

+

-

Ascaridiose

-

+

+

Tableau inspiré de : Maladies de l’élevage de porcs – G.P. Martineau


La colibacillose

On regroupe sous ce terme beaucoup de syndromes. Les colibacilles sont nombreux, certains sont même très utiles. Il s’avère néanmoins que certains sont pathogènes pour le porc.
On trouve ainsi des colibacilloses en maternité, en post sevrage et plus rarement en engraissement. Selon le type de colibacilles (avec facteurs d’attachement F4, F5, F6 et/ou F41, produisant des entérotoxines ou non, produisant des vérotoxines), les symptômes et surtout les lésions peuvent être très différents.
Parmi les colibacilloses, notons les diarrhées colibacillaires néonatales. Elles n’apparaissent que dans la première semaine de vie. La maîtrise de facteurs de risque (gestion prioritaire du confort du porcelet) et une vaccination des truies corrigent en général ces diarrhées.
A 3 semaines d’âge, les porcelets peuvent à nouveau être atteints de colibacillose mais c’est surtout en post sevrage qu’ils sont le plus sensibles, notamment lors de stress (changement alimentaire, changement de salle, changement de température…).
On note alors soit des diarrhées profuses, liquides, plus ou moins sanguinolentes selon la production des entérotoxines. A l’autopsie, le contenu intestinal est très liquide, rosé. On a une inflammation des muqueuses et des ganglions mésentériques hypertrophiés.
On peut noter aussi des mortalités brutales sans symptômes. C’est le cas notamment dans la maladie de l’œdème où le colibacille produisant une vérotoxine, empoisonne le porcelet.
En conclusion, la colibacillose est une maladie très complexe car multiforme selon les colibacilles mis en cause.

Les diarrhées à Clostridium perfringens

L’entérite à Clostridium perfringens type C est une maladie très grave du porcelet. Elle l’atteint dans les 1ers jours de vie. La bactérie s’attache aux cellules intestinales. Elle produit des toxines qui détruit l’épithélium de l’intestin. La maladie est très rapidement mortelle. Certains porcelets meurent sans symptôme, d’autres présentent des diarrhées très liquides, souvent hémorragiques. Après la mort de l’animal, la paroi abdominale peut très rapidement changer de couleur. Elle devient bleu vert. A l’autopsie, on note des lésions essentiellement sur l’intestin grêle avec des nécroses des muqueuses intestinales.
D’autre Clostridii peuvent atteindre le porc. C’est le cas notamment de Clostridium perfringens type A qui peut toucher le porcelet dans la première semaine de vie mais aussi plus tard et notamment en post sevrage et en engraissement. On ne connaît toutefois pas réellement son mode d’action.


Les coccidioses (Isospora suis)

Pour plus d'informations, voir l' article sur les parasites. Elles touchent plus particulièrement les porcelets en maternité, vers 14 jours d’âge mais elles peuvent aussi être responsables de diarrhées en post sevrage. Durant leur cycle, les coccidies (sous forme sporozoïtes) colonisent les cellules de l’intestin grêle et provoquent leur destruction. Il en découle des diarrhées.

Petit sœur de la coccidiose, la cryptosporidiose est beaucoup plus rare et touche les porcelets après le sevrage.


Les diarrhées à spirochètes

Ces diarrhées sont induites par une infestation massive de Brachyspira pilisicoli. Brachyspira innocens est considérée par certains comme non pathogène. Pour d’autres, elle induit de façon moins importante les mêmes troubles que pilisicoli. On les appelait auparavant les tréponèmes. Ces bactéries gram - produisent des diarrhées rarement hémorragiques. Il n’est pas toujours facile de faire la différence entre des spirochétoses et des diarrhées provoquées par Lawsonia intracellularis (voir plus loin) car elles touchent toutes les 2 les porcelets en fin de post sevrage - début d’engraissement. Ces différentes bactéries sont responsables du syndrome diarrhées grises, particulièrement d’actualité depuis l’interdiction des facteurs de croissance. Aujourd’hui, nous estimons que 70% des élevages sont touchés par ce syndrome !
Brachyspira pilisicoli provoque une inflammation de la muqueuse du cæcum et du colon. Le contenu digestif devient vert aqueux, il contient de faibles quantités de sang et de mucus.
Les principaux symptômes sont une baisse des performances de croissance voire des dépérissements.


Brachyspira hyodysenteriae
(bêta hémolytique) est beaucoup plus pathogène car elle est responsable de dysenterie porcine, c'est à dire de diarrhées très hémorragiques ou mucohémorragiques. Cette bactérie se localise au niveau du cæcum, du colon et du rectum et provoquent de lourdes pertes.


Lawsonia intracellularis
Est une des bactéries mises en cause dans le syndrome diarrhée grise précédemment cité. Selon l’âge du porc, selon la médication mise en place, la maladie peut prendre diverses formes :
Ainsi on appelle adénomatose intestinale la forme chronique de la maladie. La bactérie colonise la partie terminale de l’intestin grêle (iléon) et le cæcum. On a un épaississement de la paroi (figure ci dessous) qui conduit à la formation de selles liquides, à des dépérissements (ne pas confondre avec
la MAP). Elle apparaît entre 6 et 20 semaines d’âge.
A l’autopsie, on peut voir un épaississement de la muqueuse de l’iléon. En cas de nécrose de la muqueuse, on dit qu’il a entérite nécrotique et lorsqu’il y a tissu de granulation, iléite régionale.
Dans sa forme aiguë, la maladie tue plus rapidement les porcs (fin d’engraissement et cochettes). C’est ce qu’on appelle entéropathie proliférative hémorragique. Il y a épaississement de la muqueuse et surtout hémorragie massive.


Les salmonelles
Provoquent elles aussi des diarrhées, à tous les âges mais plus particulièrement en post sevrage et en engraissement.
En France, Salmonella choleraesuis n’existe à priori pas. C’est Salmonella typhimurium qui est responsable de diarrhées profuses nauséabondes avec des débris nécrotiques. On note une hyperthermie passagère, des amaigrissements. La bactérie colonise les cellules du colon et/ou de l’intestin grêle. A l’autopsie, les lésions se situent surtout au niveau du colon avec présence le lésions nécrotiques rappelant des boutons de guêtre.


Des parasites peuvent aussi être responsables de diarrhées :

Strongyloïdes ranconi

Il touche les porcelets d’élevage plein air. Il y a alors diarrhée hémorragique et mortalité importante.

Balantidium coli

C’est un hôte inhabituel du cæcum et du colon. Germe secondaire à des infections telles que les colibacilloses ou les salmonelloses, il cause érosion et inflammation au niveau de la muqueuse intestinale. Il touche les porcelets entre 4 et 12 semaines d’âge et rétrocède à des traitements à base de sulfamides. Il faut bien entendu traiter parallèlement les germes primaires…

Trichures

Maladie rare actuellement, elle touche surtout les élevages plein air mais aussi quelques élevages en bâtiment. Le parasite colonise le cæcum et le colon. En forme de fouet, le parasite adulte se fixe au gros intestin et provoque des diarrhées hémorragiques sur les porcs charcutiers.

Trichostrongylus axei
Parasitose mineur, elle touche les élevages plein air. Le parasite de
5 mm de long est plus un facteur aggravant qu’un agent primaire de diarrhée.

Ascaris suum touche à la fois les porcs charcutiers et les truies. C’est la parasitose la plus répandue et la plus facile à diagnostiquer à l’abattoir. En effet, les lésions sur les foies sont caractéristiques. Le porc ingère des œufs. Les larves colonisent la muqueuse digestive puis migrent à travers le foies pour atteindre les poumons. Une fois dans les poumons, les larves sont dégluties et l’adulte s’installe dans l’intestin grêle. Il peut y avoir une véritable occlusion de l’intestin en cas d’infestation massive.

Hyostrongylus rubidus
Ce parasite touche parfois les élevages plein air et notamment les élevages de sangliers. C’est un ver rouge de 5 à
10 mm de long siégeant dans l’estomac (en région fundique). Les signes cliniques n’apparaissent que si l’infestation est massive et se caractérisent par de l’anorexie, des vomissements, un amaigrissement et une anémie. L’éradication est difficile car l’enkystement du parasite dans la muqueuse gastrique le rend résistant aux traitements habituels.

Oesophagostomum dentatum
Les larves sont présentent dans l’intestin grêle et le colon, les adultes simplement dans le colon. Les larves se situent dans le gros intestin dans des nodules caractéristiques de
1 cm de diamètre. Les adultes mesurent entre 8 et 14 mm de long.
Comme pour Hyostrongylus, le traitement est limité car l’enkystement des larves leur confère une résistance aux vermifuges habituels.


Enfin, certains virus peuvent induire des troubles digestifs. On peut avoir des diarrhées à Coronavirus, à Rotavirus, à Adénovirus ou à Reovirus.
La diarrhée à Coronavirus est la plus connue, elle est aussi appelée Gastro Entérite Transmissible. De première importance dans les année 70-80, elle a été redoutable car la mortalité avoisinait les 100% sur les porcelets de moins de 2 semaines. La déshydratation est très rapide. A noter au passage qu’il existe une autre diarrhée, moins redoutable, provoquée par un autre Coronavirus (PEDV).
Les Rotavirus sont quant à eux présents dans tous les élevages (source G.P. Martineau). La maladie est bien maîtrisée sauf dans certains élevages en peuplement.
Les diarrhée à Adénovirus et Reovirus sont très rares.

 

Nous avons essayer de ne pas oublier de germes majeurs responsables de diarrhées. Ce qu’il faut retenir avant tout, c’est que, de plus en plus, nous rencontrons des diarrhées qui associent différents agents ce qui complique la stratégie de contrôle.

Ces germes sont ceux que l’on connaît. Il faut savoir qu’un germe comme Lawsonia n’a été découvert que récemment ; on imputait facilement auparavant les diarrhées grises à des Campylobacter ou à des Balantidium. La science ne connaît aujourd’hui pas tout et il est fort possible que demain cette liste de germes évolue. Un virus tel que le Circovirus de type II, aujourd’hui montré comme responsable de la MAP, sera peut être le prochain à rejoindre les rangs des germes responsables de diarrhées.




 

 

 

 



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